Nouveau record olympique : 400 000 préservatifs ont été distribués dans le village des athlètes et dans une centaine d’hôtels de Pékin, soit au moins deux fois plus qu'à Athènes ou Sydney. Une nouvelle qui intervient une semaine après l'ouverture de ces Jeux, ce qui avait largement laisser le temps de penser que les autorités chinoises n’avaient pas jugé nécessaire de subvenir aux chaudes nuits des sportifs… Or les JO sont aussi l'occasion pour eux de faire la fête une fois leur compétition terminée. Et si d’ordinaire, il y a bien des risques que la 3ème mi-temps dégénère, aucun signe dans ce sens à Pékin.

L'alcool est le grand absent du village olympique. « Ce n'est pas le meilleur endroit pour sortir à Pékin », admet un musicien du groupe de rock chinois de l’unique boîte de nuit du village où les murs sont gris, il n’y a pas d'air conditionné, et à minuit fermeture des portes : on va se coucher ! Dans les chambres, pas de frigo (au cas où un athlète serait tenté de ramener de la bière), et les jeux d'argent sont interdits. En deux mot, comme le résume une journaliste : « Passer une soirée au village olympique ? Ça craint. »…
Enfin, en 2000 (selon Time Magazine), Sydney avait dépêché 10 000 prostituées pour satisfaire 150 000 clients par jour, un plaisir absent des Jeux de Pékin puisqu'il n'y a officiellement pas de prostitution en Chine. Les bars coquins de la capitale ont d'ailleurs dû fermer, au moins le temps des Jeux.

Bref, pas grand-chose à signaler en dehors des stades. Si la ville n’était pas tapissée aux couleurs des JO, on oublierait presque que les Jeux ont bel et bien commencé ! Jusqu’au sein du principal site olympique, fermé au grand public et sous haute-sécurité, l'ambiance reste terne, voire aseptisée : pas ou peu d'animations, de restaurants, de bars, rien n’a été prévu. Alors, on se prend en photos devant le "Nid d'Oiseau" et le "Cube d'eau". Et pour beaucoup de spectateurs chinois c’est l’apothéose de ces Jeux.

« Je pensais qu'il y aurait des pétards, des feux d'artifice, de l’ambiance, il n'y a rien », se lamente une touriste australienne. Mais plutôt que de laisser l’enthousiasme déborder, les autorités chinoises qui apprécient peu les grands rassemblements ont privilégié le contrôle. Les Chinois célèbrent donc manifestement l’événement olympique à leur manière, loin des réjouissances nocturnes à la mode de chez nous...
Des différences culturelles qui s'illustrent dans plusieurs exemples. Notamment, ces dizaines de milliers de couples chinois qui souhaitaient se marier ce 8 août précisément. Un record double avec le baby boom provoqué dans le pays, et ces bébés olympiques dont les prénoms soulignent trop souvent l'engouement des parents pour ces Jeux... Des "effets JO" originaux et inédits !

Pour le reste rien à voir avec la bringue que les habitués des Jeux attendait, et qui embrase généralement tout pays qui accueille une telle manifestation sportive. Ils se lâchent dans les gradins, mais la nuit tombée, les rues restent désespérément calmes… Les habitants ne semblent pas avoir réellement changé leurs habitudes en cette quinzaine olympique, pourtant unique à Pékin.
La plupart des Chinois sont rares à sortir arroser leur moisson de médailles, ou plus simplement fêter comme il se doit ces Jeux qu’ils attendent depuis si longtemps. Dans les bars de la ville où se croisent les visiteurs étrangers venus spécialement pour l’occasion, on se désole de ne pas retrouver l’ambiance JO des éditions précédentes. La fiesta n'enflamme pas les rues de la capitale...

Il n’y a que dans les stades où les Chinois s’excitent, et avant tout pour soutenir leurs équipes nationales. T-shirts, bandeaux, autocollants, ou dessins sur les joues, le rouge est la couleur dominante dans les gradins. Et impossible d’oublier que les Chinois sont nombreux : les drapeaux et les « Jia You ! » sont là pour nous le rappeler.