La Chine voulait impressionner la planète avec sa grandiose cérémonie d’ouverture. Mission accomplie. Pourtant, en prenant quelques libertés avec la réalité, les organisateurs ont pris le risque qu’on n’y voit pas que du feu. Trucages pyrotechniques, playback, et casting manipulé, quand les enfants en costume des minorités seraient en fait tous issus de l’ethnie majoritaire Han… Bref, l’image parfaite que voulait donner la Chine, déjà championne de la contrefaçon, lors de la soirée de lancement des JO est aujourd’hui ternie par ces scandales. Et dès le lendemain du 8, une nouvelle polémique animait le public de Pékin.

En effet, contre toute attente, alors que les billets se sont arrachés et que les stades devaient être pleins, plusieurs rangées restent vides quand certaines sont occupées par des spectateurs particuliers…Pour mettre l’ambiance et combler les trous dans les gradins, les organisateurs auraient en fait trouvé la parade : faire appel à de faux supporters !
Reconnaissables à leur t-Shirt jaune et à leurs encouragements aux sportifs chinois comme étrangers, on ne peut pas les rater. La présence de ces groupes de supporters chinois au milieu des gradins à moitié remplis ne passe pas inaperçue, et éveille les soupçons du public avisé dès les premières épreuves. Quelques jours plus tard, les organisateurs chinois finissent par avouer : "Si les responsables constatent qu'il y a trop de sièges vides, ils se débrouillent pour faire venir des volontaires ou des pom-pom girls. La recommandation est d'encourager les deux équipes pour créer une atmosphère meilleure", a finalement déclaré le vice-président du Comité d’organisation, Wang Wei.

Certains auraient même reçu une formation spécifique pour apprendre à se comporter. "On ne doit pas bouger ni faire de bruit pendant les échanges, et on doit applaudir les deux joueurs", explique une jeune supporter à la sortie du court central. Elle est venue avec une vingtaine d’autres collègues de son entreprise pour assister au match de tennis, un sport dont elle ne connaît pas grand-chose et qu'elle semble n'apprécier que moyennement. Ni adeptes, ni fans, ils auraient néanmoins suivi des cours pendant un mois !

Les organisateurs veulent de l’ambiance dans les gradins, peu importe le vainqueur. Que l’enthousiasme du public soit spontané ou non, les images diffusées à la télé restent la priorité pour Pékin. Des méthodes "chinoises" auxquelles les occidentaux sont peu habitués et qui par conséquent poussent à la polémique chez les spectateurs étrangers...