Premier constat, d'un phénomène qui est allé en s'accentuant de midi jusqu'au dernier compte à rebours : les avenues étaient vides ! Vidées de voitures, seuls quelques vélos et de rares taxis s'aventuraient encore le long des périph', aux alentours de 08h08... Il faut souligner ensuite que s'il était prévu des retransmissions sur écrans géants à travers la ville, plusieurs n'ont finalement jamais été allumés (!?). Dans un pays où les autorités n'apprécient que moyennement les rassemblements, la fête était finalement un peu limitée.

Pour s'installer au parc du Temple de la Terre (Ditan), où il n'y avait plus qu'un écran sur les deux initialement prévus, il fallait passer la sécurité qui gardait un périmètre bien défini autour de la TV géante. Toujours mieux - me direz-vous - qu'au parc de Chaoyang où il semblerait que les spectateurs n'aient même pas eu droit à la retransmission espérée ! Loin du spectacle, le plus gros rassemblement s'est fait place Tiananmen où des dizaines de milliers de Chinois sont venus afficher leur fierté nationale. Dans les restos et les bars chinois restés ouverts, la télé était allumée mais les clients peu nombreux, raconte-t-on. Les Pékinois, pour la plupart, seraient donc restés chez eux, comme les autorités l'avaient demandé... pas fun ! Différence culturelle ? peut-être, mais en attendant quelle déception pour la française que je suis. A Paris, pour la moitié d'un événement comme celui-là les gens auraient lâché leur canapé et se seraient retrouvés dans les cafés, les bars, les espaces publics, et puis tout le monde aurait trinqué et vibré ensemble !! La plus grande place de la planète (et la seule à Pékin) était peut-être "rouge" de monde, mais je ne suis pas sûre que la Tsingtao ait réellement coulé à flot...

Enfin, pour la presse chinoise officielle, pas de gueule de bois le lendemain : ce matin, la Une de tous les journaux était consacrée à l'impressionnant embrasement du Stade. Les fameux feux d'artifices qui ont devaient illuminer la ville. Certes c'était grandiose, mais vous avez pu savourer tout autant que moi (à la télé) car hier soir dans le ciel des rues de Pékin on ne pouvait quasiment rien voir. D'épais nuages (de pollution ?) s'étaient également invités à la fête...